L’interface est dans l’oreille

Les fabricants de high tech multiplient les sorties d’écouteurs sans fils. Il faut dire que le succès des AirPods a de quoi aiguiser les appétits. Selon le cabinet IDC Apple aurait écoulé près de 16 millions de pièces (AirPods + Beats). Asos commercialise même des bijoux d’oreille inspirés du design des écouteurs d’Apple. C’est la consécration pour un type de produit (les écouteurs) dont on attendait peu d’innovation jusqu’ici.

La prochaine version (AirPods 3) est annoncée chez La Pomme. Surtout, on utilise désormais plus fréquemment le terme écouteurs intelligents : le prolongement logique du smartphone et des smart speakers en somme.

Piste de design des AirPods 3

Comme l’enceinte intelligente, l’écouteur intelligent est une interface qui permet d’accéder à son assistant vocal : Siri, Google Assistant ou Alexa. Ce faisant, il ouvre la voix (si je puis dire) à de nombreuses fonctionnalités déjà controlées par les assistants : question / réponse, guidage, coaching, jeux, prise de note, traduction automatique, gestion des messages

A ce stade, il est intéressant de (re)regarder le film Her. On y voit Joaquin Phoenix interagir continuellement avec son assistante vocale via une oreillette. Pour les besoins de l’intrigue, l’intelligence de l’assistante est infiniment plus développée que les agents dont nous disposons aujourd’hui. Mais il y a beaucoup à prendre dans le travail d’anticipation effectué pour ce film. Les gestes que le personnage fait, le réflexe d’enfiler son oreillette à la moindre question, la manière dont il commande son assistante, les actions qu’il lui fait réaliser, le coté ubiquitaire de l’expérience… L’ensemble est très cohérent.

Au final, Her offre une vision possible (probable?) des modes d’interaction que nous allons developper avec nos assistants vocaux via ces écouteurs.