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Six Nations : Italie Angleterre

Le match vu par l’Italie… et par l’Angleterre

Le match vu par l’Italie

À Rome, le 7 mars 2026, le Stadio Olimpico avait des airs de grand soir. L’Italie recevait l’Angleterre dans le Tournoi des Six Nations 2026 avec un mélange d’excitation et de prudence : les Azzurri n’avaient jamais battu l’Angleterredepuis leur entrée dans le tournoi. Trente-deux tentatives, trente-deux défaites. Autant dire un sacré paquet de casseroles dans le vestiaire.

Mais l’Italie version Gonzalo Quesada arrivait avec autre chose dans la sacoche : une victoire contre l’Écosse et une équipe qui commençait à envoyer du bois dans les zones de combat. La presse italienne parlait d’un groupe « qui n’a plus peur de personne ». Pour une fois, les Azzurri n’entraient pas sur la pelouse en mode touriste venu admirer le bus anglais.

Le match démarre pourtant avec un parfum connu. L’Angleterre met la main sur le ballon, accélère dans les couloirs et finit par trouver la faille. Les essais de Tommy Freeman et Tom Roebuck donnent de l’air au XV de la Rose. À la pause puis au début de la seconde période, les Anglais semblent contrôler le tempo et Fin Smith ajoute des pénalités pour porter le score à 18-10. À ce moment-là, beaucoup de tifosi commencent à craindre le scénario classique : l’Italie qui s’accroche, puis l’Angleterre qui ferme la boutique.

Sauf que ce jour-là, la marmite italienne se met à bouillir.

Les Azzurri commencent à gratter les rucks comme des terriers affamés. Michele Lamaro et ses compères mettent le nez dans chaque zone de combat et ralentissent les sorties anglaises. Paolo Garbisi, lui, aligne les pénalités avec la précision d’un horloger milanais. Deux coups de pied et voilà l’écart qui fond.

Le tournant arrive quand les Anglais commencent à marcher sur la pelouse avec des semelles un peu trop larges. Sam Underhill prend un carton jaune pour un plaquage dangereux, puis Maro Itoje l’imite pour un geste d’antijeu. Les Azzurri sentent l’odeur du sang et appuient là où ça fait mal.  

L’action décisive ressemble à une scène de cinéma italien : ballon récupéré, relance rapide, Tommaso Menoncello traverse le terrain comme un scooter romain dans une ruelle et sert Leonardo Marin. Essai. Le stade explose, les tribunes deviennent un carnaval, et l’Italie passe devant.  

Dans la presse italienne, Menoncello est décrit comme « l’homme qui a allumé la mèche », tandis que Marin devient le héros de la soirée. Les journaux soulignent aussi la maturité du jeu italien : conquête solide, défense agressive et surtout une capacité nouvelle à ne pas paniquer quand l’adversaire pousse.

Le symbole est énorme. L’Italie bat l’Angleterre pour la première fois de son histoire dans le Tournoi. Pour Lamaro, c’est « un moment historique pour le rugby italien ». Les Azzurri n’ont pas seulement gagné un match : ils ont envoyé valser un vieux fantôme qui traînait dans leur vestiaire depuis vingt ans.

Et dans la presse transalpine, une phrase revient souvent : ce soir-là, l’Italie n’a pas seulement résisté… elle a fini par faire reculer le pack anglais comme un tracteur qui cale dans la boue.


Le match vu par l’Angleterre

Côté anglais, l’histoire n’a évidemment pas la même saveur.

Dans la presse britannique, le décor est planté dès le coup de sifflet final : « humiliation », « catastrophe », « jour noir ». Car pour le rugby anglais, perdre contre l’Italie n’était tout simplement pas censé arriver. Jamais.  

Avant le match, Steve Borthwick avait déjà bricolé son XV après des défaites contre l’Écosse et l’Irlande. Plusieurs changements, un groupe remanié, et l’idée de remettre un peu d’ordre dans la maison rouge et blanche.

Pendant une heure, le plan semble fonctionner.

L’Angleterre domine la conquête, avance sur certaines mêlées et exploite bien les extérieurs. Les essais de Freeman et Roebuck récompensent des séquences plutôt propres, avec un jeu au pied de pression et des courses tranchantes dans le dos de la défense italienne. À 18-10, les Anglais pensent avoir remis l’église au milieu du village.

Mais la presse anglaise décrit ensuite un effondrement progressif.

Le jeu devient brouillon, les sorties de rucks se ralentissent et les décisions commencent à sentir le doute. Les cartons jaunes à Underhill puis Itoje sont vus comme le moment où « l’équipe a perdu sa tête et son sang-froid ».  

Réduits à quatorze puis treize pendant quelques minutes, les Anglais subissent les assauts italiens. La défense recule, les plaquages deviennent approximatifs et la gestion tactique part en vrille.

Les journaux britanniques insistent aussi sur le manque de leadership dans les moments chauds. Là où l’Italie joue chaque ballon comme si c’était la dernière part de pizza, l’Angleterre donne parfois l’impression de chercher la sortie de secours.

Quand Leonardo Marin plonge dans l’en-but à huit minutes de la fin, c’est la douche froide. L’Angleterre tente bien de remettre la marche avant, mais le moteur tousse et le chronomètre tourne.

Au coup de sifflet final, la presse anglaise parle d’un « effondrement mental », d’une équipe incapable de gérer la pression et d’une discipline catastrophique. Certains journaux évoquent même l’un des pires moments du rugby anglais dans le Tournoi.  

Bref, pour les Anglais, ce match ressemble à une belle maison qui s’écroule parce que quelqu’un a retiré une seule brique au mauvais moment.

Et cette brique s’appelait… l’Italie.


Match

  • Score : Italie 23 – 18 Angleterre
  • Date : 7 mars 2026
  • Stade : Stadio Olimpico, Rome
  • Compétition : Tournoi des Six Nations 2026