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Six Nations : Italie – Ecosse, le match vu par l’Italie… et par l’Écosse

Le match vu par l’Italie

À Rome, le Tournoi 2026 a démarré comme une trattoria un samedi soir : complet, bruyant, et avec une météo qui transforme le ballon en savon de Marseille. Sous le déluge de l’Olimpico, l’Italie de Gonzalo Quesada arrive avec un contexte pas franchement idéal (une ribambelle d’absents annoncés avant le match), mais avec une idée très claire : frapper tant que la pelouse est encore “jouable”, puis s’accrocher à la rambarde jusqu’au terminus.  

La presse italienne raconte d’abord… deux éclairs, puis une longue séance de défense en apnée. La Gazzetta décrit “due lampi” : sur le premier vrai affondo, Brex dépose un grubber délicieux dans le dos, Lynagh gagne la course et plonge en coin (8e).  Et presque dans la foulée, quand Fusco arrose au pied et que Lynagh va gratter une bataille aérienne, Lamaro envoie une passe courageuse pour lancer Menoncello le long de la ligne (14e) : 12-0, et l’Olimpico commence à sentir la soirée historique.  

Ensuite, c’est moins “opéra” que “combat dans un lave-linge”. Les médias italiens insistent sur la gestion : Garbisi manque la première transformation, mais recolle au scénario au pied, et l’Italie accepte de jouer petit, dur, territorial, avec du jeu au pied simple et des courses de chasse qui mettent l’Écosse sous pression.  Dans les zones de combat, l’idée est claire : rucks propres, pas de fioritures, et dès que ça sent la glissade… on renvoie chez l’adversaire. Reuters note aussi une Italie plus solide en mêlée et surtout très pénible sur les touches écossaises.  

Côté joueurs, les louanges reviennent en boucle : Lynagh en dynamiteur (finisseur + poison dans les airs), Menoncello toujours en mode “je traverse les rideaux”, et l’axe Brex–Garbisi qui donne de la tenue au plan.  La lecture italienne adore également la maturité nouvelle : le Corriere dello Sport résume l’époque révolue du “on craque après une heure” et décrit une Italie qui “resiste, resiste, resiste”.  Quesada, lui, parle carrément de “vittoria di grande maturità”, tout en pointant le caillou dans la chaussure : trop de fautes qui remettent l’Écosse dans le match.  Et Lamaro, sourire de capitaine, explique que les “premiers vingt minutes” ont été cruciaux parce qu’ensuite “marquer aurait été plus compliqué”.  

L’enseignement côté italien, c’est un mélange d’euphorie et de lucidité : l’Italie a pris l’avance au bon moment, puis a défendu comme si chaque plaquage payait le loyer. Mais Quesada prévient déjà que pour la suite, il faudra “faire beaucoup moins de fautes” si l’équipe veut exister contre plus gros.  

Le match vu par l’Écosse

En Écosse, le récit a un autre goût : celui d’un début de Tournoi où tu te pointes en kilt bien repassé… et tu finis en chaussettes dans une flaque. Le ton dominant côté médias britanniques, c’est l’irritation devant une Écosse maladroite, peu adaptée au chaos romain, et surtout punie sur les basiques : touches qui fuient, ballons qui glissent, discipline qui fait tousser. The Guardian parle d’une Écosse “sloppy”, plombée par des erreurs et une incapacité à transformer ses temps forts.  

La chronique du match, vue d’Édimbourg, commence par un constat cruel : donner 12-0 à l’Italie sous pluie battante, c’est offrir l’intrigue et garder seulement la corvée. Sky Sports souligne un départ “worst possible”, avec deux essais encaissés et une remontée jamais totalement maîtrisée.  Et le match-report officiel de Scottish Rugby insiste sur ces touches qui se dérèglent au pire moment (“lineout… went awry for the third time”, puis d’autres loupées encore) — le genre de détail qui te fait perdre la boussole quand tu veux jouer dans le camp adverse.  

Sur les phases clés, la lecture écossaise pointe trois épines :

  • la conquête en touche, qui casse des séquences prometteuses et rend les entrées dans les 22 italiennes stériles ;  
  • la discipline, avec le carton jaune de George Turner pour un contact à la tête sur Zuliani (bunker : ça reste jaune), qui coupe une poussée et force un bricolage (Darge sort le temps de la mêlée) ;  
  • et la gestion du “match devenu autre chose” quand la météo bascule : Townsend lui-même parle de “two games… the first 20 minutes and then… changed with the weather”, et reconnaît que des occasions ont été sabotées par pertes de balle / pénalités / touches contestées.  

Pourtant, l’Écosse n’est pas restée sans réagir : Dempsey marque (24e) et Horne remet le feu (67e), Russell ajoute une pénalité, et le final se transforme en siège. C’est même l’image qui ressort partout : une interminable séquence près de la ligne, des phases qui s’empilent, et l’Italie qui tient bon. Reuters et The Guardian évoquent cette dernière charge avortée après une trentaine de phases, sans trouver la faille.  Là, côté écossais, on ne voit pas une “défaite honorable à Rome”, mais une incapacité à convertir la pression en points quand il n’y a plus de plan B que le rentre-dedans.

Et évidemment, l’après-match s’enflamme sur le contexte Townsend : The Offside Line raconte un sélectionneur “under-fire” mais inflexible, qui répond “Absolutely” quand on lui demande s’il est l’homme de la situation, et qui veut basculer vite sur l’Angleterre.  La conclusion écossaise, c’est donc moins “l’Italie a été brillante” (même si c’est admis) que “on s’est tiré une rafale dans le pied” : trop d’imprécision, trop de conquête perdue, et un match où l’adaptation est arrivée quand il n’y avait plus assez d’oxygène.


Match

Score final : Italie 18 – 15 Écosse  

Date : 7 février 2026  

Stade / ville : Stadio Olimpico, Rome  

Compétition : Tournoi des Six Nations 2026 (Guinness Men’s Six Nations)  

Source : Rugby Nations